Mortalité massive de poissons dans la rivière des Outaouais : Un an plus tard

Le 8 juillet 2019, Garde-rivière des Outaouais a entendu parler d'un grand nombre de poissons morts en aval de la rivière du Lièvre. Un an plus tard, nous revenons sur cet incident et craignons que peu de choses aient changé.

Le 8 juillet 2019, une personne préoccupée a contacté la ligne anti-pollution de Garde-rivière des Outaouais pour signaler un grand nombre de poissons morts flottant à la surface de la rivière des Outaouais près de Clarence-Rockland, dans un secteur appelé Sand Bar. Avec l’aide de bénévoles locaux, Garde-rivière des Outaouais a confirmé le signalement et a alerté les autorités provinciales et fédérales. Dans les heures et les jours qui ont suivi, nous avons constaté l’ampleur de la situation, notamment à cause du nombre élevé d’espèces touchées. Nous avons aussi compris que les poissons morts provenaient de quelque part dans la rivière du Lièvre. 

Dans les semaines qui ont suivi le premier signalement, nous avons demandé à de nombreuses reprises aux agents provinciaux et fédéraux de nous fournir l’information qui nous aurait permis de répondre aux nombreuses questions du public. Le plus inquiétant dans cette histoire, c’est que, pendant que les autorités enquêtaient sur le premier incident, trois autres épisodes de mortalité de poissons ont eu lieu au cours du mois dans le même secteur.

Un an plus tard, il reste encore beaucoup de questions sans réponse sur la manière dont les incidents ont été traités par les autorités, notamment si l’information nécessaire a été transmise pour régler la situation le plus rapidement possible. Cela nous amène à nous demander comment les choses se passeraient si un événement similaire devait se produire à nouveau, et force est de conclure qu’il y aurait très peu de différences. 

Ce premier anniversaire est pour nous l’occasion de demander aux autorités municipales, provinciales et fédérales de faire mieux. Lorsque des incidents majeurs se produisent sur la rivière des Outaouais, tous les paliers de gouvernement devraient travailler de concert pour régler le problème le plus efficacement possible. Nous recommandons fortement la mise en place d’un organisme intergouvernemental réunissant le Québec, l’Ontario et le fédéral, qui aurait le mandat de répondre aux urgences environnementales sur la rivière des Outaouais et ses affluents. L’organisme serait muni d’une entente de communication de l’information et s’engagerait à partager l’expertise dans l’analyse et l’interprétation des résultats, à réagir rapidement, à communiquer efficacement, aussi bien à l’interne entre les autorités qu’avec les communautés touchées. Il y a beaucoup d’exemples qui montrent que la coopération n’était pas au rendez-vous lors de ces épisodes de mortalité de poissons et qu’une meilleure coordination aurait été bénéfique pour l’ensemble des personnes concernées. L’organisme se référerait aux autorités provinciales et fédérales en ce qui a trait aux lois respectives à appliquer afin que les responsables rendent compte de leurs actes.

Lorsque l’incident a d’abord été signalé, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), l’Ontario et le Québec se sont tous rendus sur les lieux pour observer la situation et commencer à recueillir des données. Cependant, le 9 juillet, quand on a établi que la source et le lieu de l’incident des poissons morts étaient situés sur la rivière du Lièvre, un affluent du côté du Québec, l’Ontario a cessé toute collecte de données et activité qui aurait contribué à résoudre le problème même lorsque des centaines de restes de poisson continuaient de s’échouer sur les berges ontariennes de la rivière des Outaouais.

Les agents fédéraux de l’ECCC ainsi que le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) et le Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatique du Québec (MELCC) ont continué de travailler à déterminer la cause de la mort des poissons au cours du mois de juillet. Est-ce que les informations que chacun a recueillies de son côté ont été communiquées efficacement entre les intervenants de ces enquêtes? 

Le 1er août, les responsables du MELCC ont annoncé publiquement que la cause la plus probable des incidents pourrait être attribuée à la centrale hydroélectrique. Le 15 août et le 25 septembre, ils publiaient une ordonnance mentionnant que, selon leur analyse, la société Brookfield était responsable des quatre épisodes de mortalité de poissons dans la rivière du Lièvre. Les responsables d’Environnement et Changement climatique Canada n’ont pas publié leurs résultats.

Dans les jours qui ont suivi le premier épisode, il n’y a pas eu de communications claires de la part d’aucun palier de gouvernement. Rien n’a été dit à savoir si on pouvait ou non aller sur l’eau sans danger ou consommer du poisson provenant du secteur. Un an a passé et nous ne croyons pas que la situation serait bien différente si un événement semblable devait arriver aujourd’hui. Un organisme intergouvernemental, comme celui que nous recommandons, serait responsable de communiquer clairement et sans détour en période de crise dans le bassin versant. En vue de garder nos cours d’eau propres et nos communautés en sécurité, ce groupe comblerait un manque criant dans la transmission de l’information, dont la preuve a été faite l’an dernier. 

Les incidents semblables sont très rares dans la rivière des Outaouais. Il n’y a pas eu d’autres mortalités massives de poissons dans la rivière du Lièvre depuis ce fameux 31 juillet 2019. Garde-rivière des Outaouais s’affaire à dresser le portrait complet de la situation et nous diffuserons tout nouvel élément au dossier.

Pour revoir les détails des événements, veuillez consulter notre FAQ assemblée l’an dernier, qui en offre un survol plus détaillé.

Écoutez notre ami Yannick, un guide de pêche de la région, énumérer les différents types de poissons morts qui flottent près de son bateau. Ces images ont été tournées après le deuxième épisode de mortalité de poissons. Il se dirigeait vers la rivière du Lièvre à partir de la rampe de mise à l’eau de Rockland.

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