Mise à jour : projet de l’oléoduc Énergie Est

Nous croyons que le plan d’intervention en cas de déversement est l’une des composantes essentielles dans la décision d’approuver on non le projet, mais TransCanada n'en a pas inclut.

Sentinelle Outaouais et plus que 350 citoyens engagés ont participé à la consultation publique du 22 janvier dernier, organisée par la Commission de l’énergie de l’Ontario (CEO) pour discuter du projet Énergie Est de TransCanada. Cette réunion publique, l’une de sept tenues en Ontario tout le long de la route proposée pour l’oléoduc, vise à éclairer le gouvernement de l’Ontario afin qu’il recommande ou non le projet lors de l’audience de l’Office national de l’énergie (ONÉ).La principale préoccupation exprimée à la province de l’Ontario par les citoyens est le RISQUE POSÉ À NOS SOURCES D’EAU. Nous savons que des déversements peuvent survenir et qu’il existe une inquiétude générale quant aux rôles et aux responsabilités en cas de déversement. C’est pourquoi on était scandalisées d’apprendre que TransCanada n’a pas soumis de plan d’urgence en cas de déversement. Sentinelle Outaouais croit que le plan d’intervention en cas de déversement est l’une des composantes essentielles dans la décision d’approuver on non le projet. Dans les régions éloignées et les plans d’eau gelés, le nettoyage d’un déversement est très difficile et s’est avéré plutôt inefficace par le passé. Pour gérer un déversement de façon efficace, les intervenants ont besoin d’informations détaillées sur le pétrole et les solvants qui fuient des tuyaux. Malheureusement, TransCanada ne fournit pas ces informations, donc il est très difficile pour les spécialistes de saisir tous les risques d’un déversement. Nous avons appris par l’entremise des consultants, embauchés pour examiner en profondeur la proposition de projet et l’analyse environnementale, que la proposition de TransCanada est INCOMPLÈTE en ce qui a trait à l’impact sur nos ressources en eau. L’oléoduc traversera la rivière des Outaouais et sera installé sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Par contre, les détails du terrain traversé n’ont pas été fournis. De plus, les soumissionnaires n’ont pas défini ni établi les endroits où l’oléoduc traversera les cours d’eau majeurs et où il faudra installer des vannes d’arrêt.

Au forum provincial des intervenants auquel nous avons participé à la fin janvier, la présentation du Dr Alan Hepburn, ingénieur à la retraite et membre du conseil d’administration d’Ontario Rivers Alliance, nous a beaucoup intéressés. Le Dr Hepburn a analysé les données de déversements des archives du Bureau de la sécurité des transports pour prédire la fréquence et l’importance des déversements qui pourraient résulter de l’oléoduc Énergie Est en Ontario. Ses conclusions donnent matière à réflexion : « Sur une période de 22 ans, en employant la technologie actuelle, nous pouvons nous attendre à huit déversements par 5,200 km de pipeline ». Suivez ce lien pour connaître tous les détails de la présentation du Dr Hepburn (en anglais seulement).

La seconde préoccupation soulevée, après la protection de l’eau, est l’impact du projet sur les émissions de gaz à effet de serre du Canada. Lors de la réunion publique, plusieurs personnes se sont dites insatisfaites des hypothèses formulées dans l’analyse effectuée par un consultant indépendant engagé par la province pour étudier cette question. En fait, plusieurs chercheurs universitaires présents ont même exprimés que les contribuables devraient être remboursé par le  consultant ayant effectué l’analyse sur l’impact sur le changement climatique pour la province.

Agissez

 

Étant donné les nombreux manquements dans la proposition de projet, la CEO attend de recevoir plus d’informations de TransCanada avant que la province ne se prononce sur le projet. La période de consultation publique a été prolongée jusqu’à la mi-mars, ce qui veut dire que vous avez encore le temps de partager votre point de vue : vous sentez-vous à l’aise avec les risques? Avez-vous des connaissances de l’environnement naturel que traverserait l’oléoduc dans votre région?

Si vous n’êtes pas certain du tracé de l’oléoduc dans notre bassin versant, regardez notre carte interactive.Bien entendu, c’est le gouvernement fédéral qui prendra la décision définitive sur l’avenir de l’Énergie Est. Vous pouvez participer aux séances de l’Office national de l’énergie, mais vous devez présenter votre demande de participation avant le 3 mars. Sentinelle Outaouais fait une demande pour faire valoir ses préoccupations sur les mesures prises par TransCanada pour protéger les eaux de surface et souterraines des communautés de notre bassin versant.

Sincèrement,

Meredith Brown et Stephanie Bolt au nom de toute l’équipe à Sentinelle Outaouais