Les microplastiques dans la rivière des Outaouais

Nous sommes heureux de constater que notre rapport sur les microplastiques dans la rivière des Outaouais continue de trouver un écho auprès du public. Toutefois, nous sommes préoccupés par le fait que ces conclusions ont récemment été déformées.

Il peut être très gratifiant de voir notre travail trouver un écho dans le public. En 2016, nous avons participé à une étude qui visait à comprendre la prévalence des microfibres dans la rivière des Outaouais. Un article paru la semaine dernière (en anglais) cite l’étude en question et, bien que nous appréciions voir notre travail mentionné en référence, nous craignons que les conclusions de cette étude aient été prises hors contexte. Nous souhaiterions éclaircir quelques points.

L’étude démontrait que les microplastiques étaient présents à presque tous les endroits de la rivière des Outaouais. Entre 70 et 100 % des échantillons contenaient des microfibres, de minuscules fibres plastiques provenant de diverses sources, dont les vêtements. Ces concentrations se comparaient à celles trouvées dans d’autres rivières ayant fait l’objet d’études. Pour mettre les choses en perspective, nous avons trouvé dans chaque litre d’eau 0,1 fragment de microfibre.

Dans un monde idéal, on ne trouverait aucune pollution plastique dans l’environnement, mais nous tenons à souligner que les conclusions de l’étude n’ont absolument pas démontré que les niveaux de microplastiques trouvés dans la rivière des Outaouais devraient vous empêcher de vous y baigner.

Les surverses d’égouts unitaires sont également mentionnées dans l’article. Il est vrai que celles-ci peuvent introduire des eaux usées non traitées dans la rivière lors de pluies abondantes, mais les municipalités ont travaillé à réduire ces surverses. La Ville d’Ottawa a adopté un certain nombre de mesures qui ont aidé à réduire à la fois les incidences et le volume des surverses dans la rivière des Outaouais et la rivière Rideau. En fait, la Ville a investi plus de 200 millions de dollars dans la construction d’un tunnel de stockage des eaux usées qui réduira d’autant plus la fréquence des surverses et retiendra les microplastiques, comme d’autres contaminants, hors de la rivière.

Nous sommes choyés de vivre dans une région jouissant de nombreuses plages publiques surveillées qui offrent à la population de magnifiques lieux de baignade pendant les mois d’été. La Ville d’Ottawa et la Ville de Gatineau surveillent régulièrement la qualité des eaux récréatives. Garde-rivière des Outaouais participe également à la surveillance de ces eaux afin de s’assurer que le public peut y accéder en toute confiance. Une bonne partie de notre travail consiste à nous assurer que la rivière des Outaouais demeure propice à la prise d’eau potable, à la pêche et à la baignade.

Nous reconnaissons le problème des microplastiques dans la rivière des Outaouais. Même si un meilleur traitement des eaux usées et résiduaires améliorerait la situation, nous sommes en profond désaccord avec la conclusion de l’article que c’est la seule solution d’avenir. La meilleure solution consiste à trouver les moyens de réduire notre consommation de plastique tant individuellement que collectivement, et d’ainsi empêcher l’introduction de microplastiques et de microfibres dans la rivière une fois pour toutes. C’est cette approche qui est la clé du problème.

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