Les différents visages de notre bassin versant

Larissa (notre Coordonnatrice du Programme de surveillance de la rivière) et MJ (notre Directrice du Conseil de bassin versant) ont passé quelques jours sur la route d'Ottawa jusqu'à Temiskaming Shores, avec des arrêts à Cobden, Mattawa, Deep River, Deux Rivières, et Ville-Marie.

Du 3 au 5 mai, ma collègue Larissa et moi avons visité la partie nord du bassin versant de la rivière des Outaouais. Ce fut une merveilleuse occasion de rencontrer des gens qui, comme nous, s’intéressent à la rivière et veulent assurer son avenir en santé et durable.

Notre périple nous a mené du centre urbain d’Ottawa-Gatineau jusqu’à la rive nord du lac Témiscamingue. À chaque tournant de la rivière, nous avons découvert des changements géographiques, des collectivités distinctes et des points de vue différents sur les enjeux et les préoccupations. Mais partout, nous avons senti un fort attachement à l’eau. Les gens décrivent le cours d’eau comme un voisin fidèle, un ami intime ainsi qu’une force stabilisatrice et unificatrice. 

À Cobden, j’ai rencontré Karen et Rene Coulas du Muskrat Watershed Council, un groupe de citoyens qui cherche des solutions pour réduire la charge en éléments nutritifs dans le bassin versant, tout en partageant les pratiques exemplaires avec les résidents et en leur proposant des moyens d’améliorer la qualité de l’eau. Ils développent un réseau de citoyens qui joindront leurs efforts pour favoriser la durabilité économique et environnementale de leur région.

Rivière La Loutre River

À Deep River, nous avons passé du temps avec des mordus de la rivière dont les observations sur les populations de poissons, les barrages aux Rapides-des-Joachims et la récente réglementation sur l’utilisation des terres publiques ont éclairé notre compréhension de la rivière dans ce secteur, où les rives ontarienne et québécoises sont si rapprochées. Ces gens vivent à quelques minutes de Chalk River et des Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), ce qui leur donne une connaissance particulière du fonctionnement de ces installations et du rôle qu’elles jouent dans la collectivité.
À Mattawa, nous avons été gracieusement (et même somptueusement) accueillies par les garde-rivière Graham et Janine. Nos hôtes nous ont fait faire une promenade revigorante en ponton jusqu’au barrage Otto Holden, l’un des quatre exploités par l’Ontario Power Generation. Ensemble, ils alimentent en électricité un million de foyers, mais forcent les pagayeurs à effectuer de long portages.

Mattawa: Graham & Janine

Nous nous sommes ensuite rendues en voiture sous la pluie à Temiscaming Shores (ON) et à Ville-Marie (QC), où nous avons chacune rencontré des personnes et des groupes qui nous ont communiqué leurs connaissances détaillées du patrimoine minier, agricole et touristique de la région.

Pendant mon séjour à Ville-Marie, j’ai rencontré des représentants de l’Association pour la Préservation du Lac Témiscamingue, un groupe de citoyens qui tente d’accroître la sensibilisation aux enjeux de la qualité des eaux du lac. Ils sont particulièrement préoccupés par la prolifération des algues bleu-vert et l’établissement de nouvelles porcheries le long des affluents du lac. Malgré un budget limité, ils continuent d’aller de l’avant et de recruter de nouveaux membres.

Temiscaming Shores: Nicole, MJ, Larissa, Julie

Également à Ville-Marie, j’ai passé l’après-midi avec Marilou Thomas, la directrice générale de l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), un sous-bassin versant qui s’étend sur 34 835 km2. L’érosion des berges, le ruissellement agricole, les inondations et le traitement des eaux usées des propriétés riveraines ne sont que quelques-uns des enjeux pressants de l’OBVT. Marilou et sa collègue Camilla m’ont emmenée au lieu des tests d’eau sur la rivière à la Loutre, un affluent du lac au courant rapide dont l’eau est brune en raison de l’argile du sol. Nous nous sommes également arrêtées près de l’immense barrage des Quinze à Anglier, une petite municipalité d’environ 300 habitants qui, étrangement, n’a pas d’eau potable depuis 2008.

Ville-Marie: APLTEM

À Haileybury, le temps passé avec Nicole, Peter et Julie nous a montré encore une fois comment naissent les organismes communautaires. Ils n’en sont qu’à leurs débuts mais ils iront loin, car ils savent comment activer leurs réseaux. Une grande partie de la prospérité de la région dépend du tourisme. La propreté du lac est essentielle à cette activité économique et ils vont s’assurer que tout le monde reçoit bien le message.

Tout au long de notre périple, ce que nous avons entendu, c’est que les gens veulent créer des liens. Ils veulent savoir comment les autres collectivités du bassin versant s’attaquent aux problèmes qu’ils ont en commun. Ils veulent partager de l’information sur les technologies de remédiation, échanger des conseils sur des stratégies efficaces, et mobiliser leurs pairs dans la sauvegarde et la promotion d’un bassin versant dynamique que nous pouvons tous apprécier.

Nous sommes émerveillés par l’énergie, le dévouement et l’esprit de collaboration de nos nouveaux alliés de la rivière!

MJ Proulx
Directrice, Initiative du Conseil de bassin versant