La faune hivernale du bassin versant de la rivière des Outaouais

Même en hiver, certains animaux sauvages du bassin versant de l’Outaouais demeurent actifs; avec un peu de chance, vous pourriez même les apercevoir. Écrit par le jeune leader de l'eau Owen Wilson.

C’est l’hiver. La saison que plusieurs redoutent le plus : le mercure dégringole, les jours raccourcissent et les rues se recouvrent de glace et de gadoue. Les activités de plein air deviennent aussi plus difficiles. Vous avez souvent besoin d’au moins trois couches de vêtements en plus de l’équipement approprié et, qui plus est, il ne semble pas se passer grand-chose dehors qui vaille tout cet effort. En hiver, la nature se met aussi au ralenti et de nombreux animaux ont migré vers le sud ou se sont mis en hibernation en attente de températures plus douces et de l’abondance de nourriture. Alors, que peuvent faire les adeptes du plein air pendant les longs mois d’hiver?

La bonne nouvelle c’est que, même en hiver, certains animaux sauvages du bassin versant de l’Outaouais demeurent actifs; avec un peu de chance, vous pourriez même les apercevoir. Voici cinq espèces vivant dans le bassin versant de l’Outaouais qui pourraient vous inciter à sortir et à explorer les grands espaces, même lorsqu’il fait -15°C dehors!

Le castor

Beavers

Photo: Jennifer Haughton, Surveillante

Mais oui! L’animal-emblème national du Canada se tient occupé toute l’année dans le bassin versant. Son épaisse fourrure hydrofuge lui permet de nager dans les eaux glaciales. Comme nous, le castor préfère le confort de sa hutte pendant l’hiver de sorte qu’il la construit de branches et de boue près de son barrage avec une entrée submergée pour décourager tout visiteur indésirable. Parmi les indices qui peuvent indiquer la présence d’une hutte de castor dans une zone humide ou un étang, vous pourriez observer des arbres rongés ou de la vapeur s’élevant d’un monticule enneigé de branches et de boue. Vous pourriez même apercevoir le plus grand rongeur d’Amérique du Nord nager autour ou marcher brièvement sur la berge en quête de nourriture supplémentaire.

L’orignal

Mosse

Comme si un animal-emblème national ne suffisait pas, un autre s’adonne à passer ses hivers dans le bassin versant de l’Outaouais. L’orignal est une bête majestueuse qui est bien adaptée à l’hiver, grâce à ses longues jambes et à ses sabots faisant office de raquettes qui lui permettent de se déplacer même dans la neige épaisse. Si ses talents de nageur lui permettent de bien se nourrir pendant l’été de plantes aquatiques, la saison froide s’avère plus difficile et il se rabat sur les zones forestières où il peut se nourrir d’arbustes et de branches. Les petits restent avec leur mère toute la saison froide; si vous apercevez une paire d’orignaux (comme sur la photo), assurez-vous de les observer à distance, car la maman orignal est très protectrice de sa progéniture!

Les oiseaux d’hiver

Cardinal

Photo: Howard Powles, Surveillant

Blue Jay

Photo: Tim Carey

On sait tous que de nombreux oiseaux qui nichent dans le bassin versant de l’Outaouais pendant l’été s’en vont dans les pays chauds pour l’hiver. Mais pour de nombreuses espèces plus nordiques, notre région devient la destination vacance par excellence pour l’hiver! Bien sûr, d’autres espèces (canards, mouettes, colombes, rouges-gorges, étourneaux ou dindons sauvages) restent chez-nous toute l’année, y compris pendant l’hiver. On peut observer ces oiseaux, par exemple dans la ZICO (IBA) Lac Deschênes-Rivières des Outaouais, comprise entre le parc provincial Fitzroy près de Fitzroy Harbor et le barrage des Chaudières à Ottawa‑Gatineau, où de nombreux oiseaux d’hiver se rassemblent. On peut également les observer dans l’aire de conservation Britannia ou à Shirley’s Bay. D’autres oiseaux préfèrent habiter dans les champs, dans les bois ou même dans votre cour pendant l’hiver — vous seriez surpris de tous les oiseaux qu’on peut observer!

Les poissons

Harbour Harvest Fishing

Photo: Martin Lipman

La rivière peut geler en surface, mais cela n’empêche pas la vie de continuer plus en profondeur, bien que la nourriture soit plus rare et l’énergie en baisse. La pêche blanche est le meilleur moyen d’observer les poissons quand la rivière est gelée. De nombreux pêcheurs installent leur cabane sur la rivière des Outaouais lorsque la glace est suffisamment épaisse et y percent des trous pour la pêche. Le doré jaune, le brochet, la marigane et le doré noir constituent la plupart des prises. Mais soyez avertis que certaines des espèces de la rivière sont menacées et même en péril : l’anguille d’Amérique et l’esturgeon jaune font face à suffisamment de difficultés posées par les barrages, le développement et la perturbation de la chaîne alimentaire, sans y ajouter nos prises de pêche par-dessus.

Les arbres

Tree

Photo: Owen Wilson, Jeune leader de l’eau

Finalement, les grands conifères parsemés dans le paysage et sur les berges fournissent l’observation la plus facile de la vie sauvage quand tout est recouvert de neige et de glace. Ces géants verts se sont adaptés à nos hivers depuis des milliers d’années, avec leur aiguilles vert foncé qui retiennent l’eau, empêchent l’accumulation de neige et continuent la photosynthèse à l’année longue. En outre, ces arbres servent d’habitat et de source de nourriture pour d’innombrables espèces, comme le écureuils et les oiseaux qui font leurs nids sur les branches et se nourrissent des aiguilles, ou pour des animaux plus gros, comme les castors et les chevreuils qui se nourrissent des petites branches et s’abritent sous la canopée. Si vous prévoyez une sortie en forêt, ayez de la gratitude pour ces espèces silencieuses qui rendent la survie possible en hiver pour tant d’autres.

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