Six raisons de ne pas utiliser de sel cet hiver

Le sel, ou chlorure de sodium, est un moyen économique couramment utilisé pour déglacer les entrées de cour et les trottoirs. Cependant, peu de gens connaissent les nombreux impacts négatifs du sel sur les cours d’eau, les routes, les propriétés, les jardins et la santé.

Par Meaghan Murphy | Traduit par Jessica Simoneau

1) La pollution des lacs et des rivières

La plus grande partie du sel s’écoule dans les égouts puis dans des fossés de drainage qui se vident directement dans nos lacs et nos rivières. Ces écosystèmes d’eau douce sont hautement sensibles à une hausse de concentration en sel, en particulier les étangs et les ruisseaux ayant une capacité limitée de diluer ou d’évacuer les sels. Une concentration saline trop élevée peut entrainer la mort des poissons, des amphibiens et des autres organismes aquatiques, ainsi qu’une perte de la biodiversité.

2) Le sel peut contaminer l’eau potable

Le sel peut traverser le sol et, avec le temps, rendre l’eau souterraine non potable.

3) L’inefficacité du sel dans les températures froides

Sous -10 °C, le sel ne réussit pas à faire fondre la glace. Puisque les températures hivernales dans notre bassin versant sont souvent inférieures à -10 °C, tout le sel utilisé est inefficace !

4) Les dommages aux terrains

Le salage multiplie le cycle de gel-dégel en hiver, ce qui crée des fissures dans l’asphalte, le béton ou la maçonnerie, ou un déplacement des matériaux. Le sel est aussi un composé corrosif en nature et il peut causer des dommages à plusieurs structures comme les voitures et les ponts.

5) Le danger pour les animaux et les jeunes enfants

Lorsque les animaux marchent dehors, le sel s’accumule sur leurs pattes et leur fourrure. Lorsqu’ils entrent, le mélange de glace et de sel fond et se réchauffe, ce qui brûle leurs pattes et leur bouche et provoque des rougeurs, voire des ulcères. Les animaux lèchent souvent le sel sur leurs pattes, ce qui cause des vomissements, de la diarrhée et d’autres complications graves. Les enfants sont aussi à risque. Lorsqu’ils jouent dans la neige, ils peuvent entrer en contact avec des granules de glace et de sel, ce qui peut irriter leur peau.

6) Les dommages aux parterres

Au printemps, lorsque la neige et la glace fondent, l’eau résultante s’écoule dans les pelouses et les parterres. Le sol accumule de hautes concentrations en sel, ce qui entraine des dommages au gazon et aux plantes en inhibant leur capacité d’absorber de l’eau et des nutriments. Les plantes qui subissent les effets du sel sont rabougries avec des feuilles incurvées aux contours bruns ou jaunes. De plus, elles sont plus vulnérables aux pestes et aux maladies. Dans les cas extrêmes, l’exposition au sel peut tuer les plantes et créer des endroits dénudés dans votre pelouse ou votre jardin.


Stratégies alternatives pour éliminer la glace cet hiver

La stratégie évidente pour combattre la glace est d’utiliser du sel ou d’autres produits chimiques pour la faire fondre. Mais la plupart de ces antigivrants ont des impacts négatifs sur l’environnement, même ceux que l’on prétend écologiques. Plutôt que d’utiliser un antigivrant cet hiver, envisagez une autre solution.

1) Sortez votre pelle !

Déneigez votre entrée et vos trottoirs aussitôt et aussi souvent que possible. Servez-vous d’un brise-glace pour casser les couches de glace épaisses.

2) Optez pour la traction.

  • Sable ou gravier. Ces substances peu coûteuses ajoutent de la traction aux surfaces glacées et ont peu de conséquences environnementales. Le sable à mortier est idéal, car le grain est grossier et il peut être acheté à la plupart des magasins de matériaux de construction.
  • Litière de chat. Si vous avez un chat, vous possédez déjà de la litière. C’est un moyen idéal d’améliorer la traction sur des surfaces glacées. En revanche, la litière devient boueuse à la fonte des glaces.
  • Cendres. Si vous avez un foyer, vous pouvez vous servir des cendres pour améliorer la traction dans votre entrée. Comme le sable, les cendres absorbent la lumière du soleil et font fondre la glace.
  • ecoTraction. Ce produit est un minéral volcanique qui fonctionne de façon comparable aux autres produits. Il est seulement en vente dans quelques magasins, mais il peut être acheté en ligne.


3) Installez un écran protecteur.

Avant une tempête de glace, couvrez les surfaces à risque et découvrez-les dès la tempête terminée. Les bâches plastiques et les planches de bois sont idéales.

4) Améliorez le drainage de votre terrain.

En dirigeant vos descentes de gouttière vers vos parterres plutôt qu’en direction des trottoirs, et en remplaçant les surfaces de béton et d’asphalte par des surfaces perméables, vous pourrez réduire la quantité d’eau qui s’accumule et qui gèle sur les trottoirs. Cet investissement rapporte aussi durant l’été en réduisant le ruissellement vers les égouts.

5) Servez-vous des antigivrants chimiques en modération.

Utilisez seulement des antigivrants chimiques sur des surfaces à risque, et ce avant l’accumulation de glace. Informez-vous sur les produits que vous achetez et ne vous laissez pas tenter par ceux qui portent une étiquette « écologique ».

  • L’acétate de calcium et de magnésium est non toxique pour la plupart des plantes et des animaux et il est biodégradable, quoiqu’il a été démontré qu’il réduit la quantité d’oxygène dans certains étangs. Comme le sel, l’acétate de calcium et de magnésium fonctionne seulement jusqu’à -7 °C, mais il cote vingt fois plus cher.
  • Évitez les chlorures (chlorure de sodium, chlorure de calcium, chlorure de magnésium, chlorure de potassium). Même si certains sont dits « écologiques », ces sels ont des impacts néfastes sur les animaux, les plantes et les écosystèmes d’eau douce et sont considérés comme toxiques selon la Loi canadienne sur la protection de l’environnement.
  • Évitez l’urée, aussi nommée carbamide ou carbonyle diamide. Ce produit chimique est un nutriment qui peut contribuer à l’eutrophisation des systèmes d’eau douce.

Maximisez votre impact.

Informez le gestionnaire immobilier de votre lieu de travail, de votre copropriété ou des entreprises locales sur les méthodes alternatives du sel ainsi que leurs avantages.

La plupart des sels qui sont présents dans nos cours d’eau proviennent du salage des routes. Contactez votre municipalité et questionnez vos représentants sur les stratégies employées pour réduire l’utilisation du sel et ses impacts environnementaux dans votre communauté.


Sauvegardez et partagez l’infographique:

Sel - Sentinelle Outaouais 2016


Sources :

 

One response to “Six raisons de ne pas utiliser de sel cet hiver”

  1. HelloMax dit :

    Les sables n’ajoutent pas de « traction » aux surfaces glacées. Ils ajoutent plutôt du frottement et ainsi de l’adhérence 🙂