Mise à jour sur le triclosan – 21 janvier 2019

Les faibles objectifs de réduction du triclosan, une substance antimicrobienne largement utilisée, continuent de décevoir les environnementalistes : protections insuffisantes pour les rivières et les lacs canadiens ainsi que la santé humaine

La proposition du gouvernement fédéral de fixer à 30 % l’objectif de réduction du triclosan continue de décevoir les groupes canadiens se penchant sur les questions d’écologie et de santé. Ceux-ci n’ont cessé depuis des années de réclamer du gouvernement des objectifs d’élimination. Le triclosan est un agent antimicrobien utilisé dans des centaines de produits de consommation et de soins personnels, dont les dentifrices et les rince-bouches, mais de plus en plus en plus d’études tendent à démontrer son inefficacité à protéger contre la propagation des bactéries. En même temps, le triclosan s’est avéré comme ayant des effets toxiques lorsqu’il est déversé dans les plans d’eau.

La proposition canadienne n’offre pas la protection dont nos lacs et nos rivières ont besoin contre les effets toxiques du triclosan. Seul un objectif réglementaire d’élimination du triclosan dans les produits de consommation et de soins personnels offrirait une protection suffisante et s’harmoniserait avec les États américains – Minnesota, New York et New Jersey – qui ont banni son utilisation.

Le gouvernement canadien se contente de proposer une réduction de 30 % du triclosan dans l’environnement au moyen de la publication d’un avis de planification de la prévention de la pollution en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement – l’industrie se chargeant elle-même de l’exigence d’élaborer et de mettre en œuvre des plans à cette fin. C’est ainsi que, déçus par le manque d’ambition des objectifs du gouvernement canadien, près de 1 000 Canadiens ont signé la déclaration contre le triclosan toxique.

En 2017, la déclaration de Florence sur le triclosan et le triclocarban 2017 a été signée par plus de 200 scientifiques et professionnels de la santé exhortant à «éviter l’utilisation de triclosan, de triclocarban et d’autres produits chimiques antimicrobiens, sauf s’ils apportent des bienfaits prouvés sur la santé (dentifrice sur ordonnance pour traiter les maladies des gencives) et il existe des preuves suffisantes pour démontrer leur innocuité. »

Le gouvernement a la possibilité d’inciter à modifier la façon dont les produits de consommation sont fabriqués si les bons déclencheurs sont en place pour bannir le triclosan. Les faibles objectifs de réduction ne permettent pas aux utilisateurs, manufacturiers et importateurs de se défaire du triclosan ni des substances toxiques semblables et de considérer des alternatives plus sécuritaires. Les Canadiens doivent se préoccuper que, sans objectifs plus ambitieux de la part de nos dirigeants, plusieurs de leurs plans d’eau, importants et vulnérables, continueront de souffrir des effets toxiques du triclosan pendant des années à venir.

Depuis 2012, les groupes se penchant sur l’environnement et la santé ont, à plusieurs reprises, présenté des commentaires au gouvernement canadien au sujet du triclosan. Ces groupes se sont dit préoccupés du fait que, bien que le triclosan se soit avéré toxique pour l’environnement, il n’a pas été reconnu comme étant toxique pour la santé humaine. Ils ont de plus réclamé du gouvernement qu’il bannisse complètement le triclosan dans les produits de consommation et de soins personnels. La dernière présentation de commentaires de ces groupes date du 27 février 2018. Vous la trouverez ici (en anglais).

Le triclosan s’est avéré persistant et bioaccumulable dans l’environnement aquatique et autres organismes. Une fois relâché dans l’environnement, le triclosan se dégrade en sous-produits toxiques, y compris des chlorophénols et des diphényl-éthers (résultat de la chloration), du méthyl-triclosan (résultat de la méthylation biologique) ainsi que des dibenzodioxines chlorées (après la protooxydation). On soupçonne également le triclosan d’être une substance à effets de perturbation du système hormonal. Des études in vitro et sur des animaux l’ont aussi associé à des effets nuisibles sur le développement et le système reproductif.

Vous trouverez de plus amples commentaires sur le triclosan au lien suivant (en anglais) : http://www.cela.ca/triclosan-and-triclocarban

 

Personnes-ressources :

Fe de Leon, MPH
Research and Paralegal
Canadian Environmental Law Association
Tél. : 416-960-2284
Courriel : deleonf@cela.ca  

Patrick Nadeau
Directeur général
Garde-rivière des Outaouais
Tél. : 613-321-1120 poste 1007
Courriel :  pnadeau@ottawariverkeeper.ca

One response to “Mise à jour sur le triclosan – 21 janvier 2019”

  1. France Lemieux dit :

    Merci de vous préoccuper du Triclosan! Mon premier contaminant intérêt émergent.. depuis 2009 que je le suis.. jusque dans les Rivières effectivement. La rivière Esturgeon en a plein. Pourquoi? L’article du ministère dit que tout est sous les seuils en ce qui concerne les contaminants intérêt émergent mais que les poissons sont en mauvais état. Les seuils? les normes? Les perturbateurs endocriniens ne respectent pas ça.. désolée Paracelse. http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco…/monteregie-estrie/contaminant-emergent.pdf

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