Examen de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario

Tandis que l’introduction du document parle d’améliorer les résultats pour les espèces à risque par la simplification des processus d’examen et d’approbation, les questions de discussion proposent principalement des façons d’affaiblir les protections offertes en vertu de la Loi.

La Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (ESA) a été mise en œuvre en 2008; elle est essentielle à la protection des espèces à risque. C’est un engagement à placer avant tout les besoins des espèces en péril ainsi qu’à utiliser les critères scientifiques les plus rigoureux pour prendre les décisions relatives à la liste d’espèces et aux initiatives de rétablissement. Le 18 janvier, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un plan pour entreprendre un examen de la Loi sur les espèces en voie de disparition. Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs invite le public à soumettre ses commentaires sur les quatre domaines d’intervention décrits à son document de discussion :

  1. Approches fondées sur le paysage
  2. Processus d’inscription sur la liste des espèces en péril et mesures de protection pour les espèces en péril
  3. Politiques en matière de rétablissement d’une espèce et règlement sur l’habitat
  4. Processus d’autorisation

Tandis que l’introduction du document parle d’améliorer les résultats pour les espèces à risque par la simplification des processus d’examen et d’approbation, les questions de discussion proposent principalement des façons d’affaiblir les protections offertes en vertu de la Loi.

Les « économies pour les entreprises »

Le gouvernement propose plusieurs « économies pour les entreprises » où les entreprises seraient autorisées à contribuer à un fonds dédié à la conservation afin de contourner les exigences actuelles de conservation conçues pour compenser les répercussions négatives continues du développement de projets. Ceci représente un grand péril pour des espèces déjà vulnérables. Le document de discussion semble présumer que le fonds serait avantageux pour toutes les espèces à risque, ce qui n’est pas certain. Cela rendrait inévitablement plus difficile l’atteinte des différents objectifs de rétablissement de chacune des espèces en péril.

Une prolongation du délai pour l’élaboration d’une déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement d’une espèce est aussi proposée. Plutôt que d’allonger le processus, il serait plus utile de coordonner le processus des programmes de rétablissement pour les espèces en péril et les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement afin qu’elles soient menées plus ou moins simultanément. En résumé, le document mise sur l’abolition des obstacles pour les entreprises plutôt que de s’attaquer aux défis auxquels font face les espèces en péril.

Les espèces en voie de disparition en Ontario

L’Ontario abrite plus de 30 000 espèces, dont 243 sont inscrites à la liste des espèces en péril. Les scientifiques estiment que les espèces disparaissent à un taux de 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel, principalement en raison de l’activité humaine. Toutes les espèces sont interreliées; il est impossible d’affecter certaines espèces sans en affecter d’autres. Dans le bassin versant de la rivière des Outaouais, l’obovarie ronde et son hôte soupçonné, l’esturgeon jaune, figurent tous les deux à la liste des espèces en péril. Les jeunes moules de l’obovarie ronde dépendent des populations d’esturgeon jeune pour être dispersées partout dans le bassin versant. Par contre, les populations d’esturgeon jaune ont connu un déclin important dans la rivière des Outaouais, entraînant dans leur déclin, les populations d’obovarie rondes.

La rivière des Outaouais héberge plusieurs autres espèces inscrites à la liste des espèces en péril de l’Ontario, notamment l’anguille d’Amérique, le petit blongios, la paruline azurée, la tortue ponctuée, le chevalier de rivière, le pic à tête rouge et la tortue mouchetée, entre autres. Toutes les espèces seront affectées par les modifications à la Loi sur les espèces en voie de disparition. Il est important de se rappeler que la majorité des bienfaits de la biodiversité se manifeste à l’échelle locale et que pour conserver une diversité génétique essentielle à la survie des espèces à long terme, nous nous devons de tout faire pour la conservation des populations locales.

Mise-à-jour : Garde-rivière des Outaouais fait partie d’un groupe de 40 organisations qui ont signé cette soumission (en anglais seulement) au Registre environnemental de l’Ontario au sujet de la révision de la Loi sur les espèces en voie de disparition.