Creuser dans le passé de la rivière des Outaouais

Écrit par la Jeune leader de l'eau Rachel Balderson, ce blogue et l'entrevue qui l'accompagne explorent le travail de l'archéologue de la CCN Ian Badgley le long des berges de la rivière des Outaouais.

Dix centimètres de fouilles archéologiques représentent des centaines d’années d’histoire. Selon Ian Badgley, archéologue à la Commission de la capitale nationale (CCN), plus de mille ans d’histoire ont déjà été effacés par l’érosion des berges de la rivière des Outaouais. Il ne s’agit pas de l’histoire des descendants d’Européens mais bien de l’histoire durable des peuples autochtones qui ont voyagé sur la Kitchissippi (mot algonquin pour la rivière des Outaouais) longtemps avant l’arrivée de Champlain en 1613.

Parc du Lac-Leamy au Québec, avec vue sur le Parlement et le pont Macdonald-Cartier

Pendant l’été, les jeunes leaders de l’eau de Garde-rivière des Outaouais se sont joints à de nombreux autres lors de la fouille archéologique publique annuelle de la CCN au parc du Lac-Leamy. Munis de truelles, nous avons raclé péniblement l’épaisse couche de sédiments argileux. De temps à autre, un son de grattage audible révèle un objet qui retient l’attention. Il peut s’agir de fragiles morceaux de charbon de bois, de fragments de poterie colorés de cuivre ou de simples outils sculptés dans la pierre grise. Alors que la plus grande partie de la culture matérielle algonquine a disparu depuis longtemps, ces trouvailles sont des vestiges précieux.

Les jeunes leaders de l’eau Franny et Mike debout sur le site des fouilles lequel est divisé en quadrants qui sont creusés méticuleusement couche par couche

La CCN a entamé cette excavation à la suite des inondations du printemps 2017 le long de la rivière des Outaouais, afin d’évaluer les dommages aux berges nouvellement érodées. La rive québécoise de la rivière a été choisie en raison de la richesse des objets présents, car on peut y trouver des artéfacts de l’embouchure de la rivière Gatineau jusqu’au pont Macdonald-Cartier. C’est ici, à la confluence de trois rivières (Outaouais, Gatineau et Rideau), que les groupes qui ont campé le long de ces berges ont échangé des objets et des idées il y a près de 6 000 ans.

Selon Ian Badgley, la perte de ces ressources archéologiques est une « catastrophe pour les Premières Nations » qui doivent prouver une occupation à long terme et répétée de certains secteurs pour revendiquer le titre ancestral. Comme la tradition orale n’est pas considérée comme étant une preuve suffisante en vertu du droit canadien, les Premières Nations prennent de plus en plus une part active dans l’intendance du patrimoine archéologique. La CCN travaille maintenant avec Kitigan Zibi Anishinabeg et les Algonquins de la Première Nation Pikwàkanagàn.

L’archéologue Ian Badgley examine le site des fouilles afin d’évaluer certaines hypothèses. La concentration de grosses roches à un endroit suggère la présence d’un âtre (feu de camp)

La CCN entend fouiller 10 autres sites sur la rive ontarienne de la rivière des Outaouais et commencera l’excavation dans la nouvelle année. Pour ceux qui cherchent à en savoir plus sur la recherche archéologique de la CCN, des ateliers publics en janvier 2020 offriront aux participants la possibilité d’observer et de tenir des artéfacts trouvés dans les fouilles précédentes. En tenant ces outils du passé dans nos mains, nous pouvons communiquer et nous connecter avec ceux qui ont voyagé sur nos voies navigables il y a des millénaires.

Entrevue avec Ian Badgley (en anglais):

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